Situé à l’extrême sud de la France, là où les Pyrénées se jettent brutalement dans la Méditerranée, Cerbère est le tout dernier village français avant la frontière espagnole. Longtemps simple hameau rattaché à Banyuls-sur-Mer, ce territoire s’est transformé en un carrefour ferroviaire mondial au XIXᵉ siècle, avant de se réinventer aujourd’hui autour du patrimoine et de la protection marine.

Les grandes étapes de son histoire

1878 : La naissance ferroviaire et l’autonomie

1878-1888

L’inauguration de la ligne de chemin de fer reliant la France à l’Espagne transforme le hameau de pêcheurs et vignerons. En raison de la différence d’écartement des rails entre les deux pays, Cerbère devient une gare de transbordement internationale. Le village devient une commune indépendante en 1888.

1932 : L’âge d’or et l’Hôtel du Rayon Vert

1928-1932

En plein essor du transit transfrontalier, l’architecte Léon Baille édifie l’Hôtel Belvédère du Rayon Vert. Ce chef-d’œuvre Art déco en forme de paquebot accueillait les voyageurs en escale lors du changement de train ou des formalités douanières.

1939 : La Retirada et la Seconde Guerre mondiale

1939-1945

Fuyant l’avancée des troupes franquistes à la fin de la guerre d’Espagne, des dizaines de milliers de réfugiés républicains traversent la frontière par le col des Balitres et la gare de Cerbère. Pendant l’Occupation, le village devient une zone militaire ultra-surveillée.

1974 : Déclin du transbordement et mutation

1974-1995

L’invention des essieux à écartement variable, l’ouverture des frontières européennes (accords de Schengen) puis l’arrivée du TGV direct réduisent progressivement le rôle douanier et ferroviaire stratégique de la gare.

Cerbère aujourd’hui : Patrimoine et environnement

Aujourd’hui, Cerbère a amorcé une transition vers un tourisme préservé et axé sur la nature :